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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 12:24

Deux brevets qualificatifs pour le Paris-Brest-Paris, 300 km et 400 km, bouclés en l'espace de 2 semaines, dans des conditions bien différentes et des parcours également très différents...

Le 300, le 19 avril :

 

Le BRM de 300 (Brevet des Randonneurs Mondiaux), organisé par le RC Anjou, club cyclo d'Angers, avec lequel j'ai mes habitudes : départ à 5h du vélodrome vers l'Est, un parcours peu vallonné cette fois, à travers les forêts et châteaux de Touraine, à Azay-le-Rideau et passage de la Loire à Langeais en milieu de matinée. Ensuite de longues lignes droites pendant 90km entre Richelieu et Maulévrier, 2 points de contrôle obligatoire : un long bout de route assez plat et avec le vent dans le dos, le loisir de prendre la poudre d'escampette de temps à autre avant de retrouver le petit groupe très sympathique avec qui je roulais, sans oublier mon collègue de club, en vélo droit, lui. =)

 

Puis ce fût le retour sur Angers sur 70 km avec un vent défavorable assez fort (mais pas aussi violent que sur le BRM200 avec des rafales à 70-80km/h dans les coteaux du Layon)...

Au final, un parcours facile, des températures très agréables pour une mi-avril (sauf au petit matin), 304km parcourus à un peu plus de 26,6 km/h sans forcer.

Distance : 305.70km

Durée : 11h29 de roulage

Moyenne : 26.60 km/h

V. Max : 73.37 km/h

Cad. moyenne : 83 tr/min

Dénivelée positive : 1918m au compteur

Alti max : 200m environ

Parcours du BRM300 - 304km et 1918m de dénivelée "seulement"

Parcours du BRM300 - 304km et 1918m de dénivelée "seulement"

L'île Bouchard, passage de la Vienne avec le petit groupe des Gars de Somloire et des Rosiers-s/Loire... J'étais parti devant à la suite d'une descente rapide...
L'île Bouchard, passage de la Vienne avec le petit groupe des Gars de Somloire et des Rosiers-s/Loire... J'étais parti devant à la suite d'une descente rapide...

L'île Bouchard, passage de la Vienne avec le petit groupe des Gars de Somloire et des Rosiers-s/Loire... J'étais parti devant à la suite d'une descente rapide...

La plaine et les longues lignes droites entre Loudun - Thouars
La plaine et les longues lignes droites entre Loudun - ThouarsLa plaine et les longues lignes droites entre Loudun - Thouars

La plaine et les longues lignes droites entre Loudun - Thouars

Entre Thouars et Maulévrier...
Entre Thouars et Maulévrier...
Entre Thouars et Maulévrier...

Entre Thouars et Maulévrier...

Quelques photos de la fin du BRM 300... mené avec la famille des organisateurs, Laurent, Jean-Claude, Nicole, Clarisse, et mon collègue de club Jean-Charles Un groupe vraiment très sympa !! =)
Quelques photos de la fin du BRM 300... mené avec la famille des organisateurs, Laurent, Jean-Claude, Nicole, Clarisse, et mon collègue de club Jean-Charles Un groupe vraiment très sympa !! =)
Quelques photos de la fin du BRM 300... mené avec la famille des organisateurs, Laurent, Jean-Claude, Nicole, Clarisse, et mon collègue de club Jean-Charles Un groupe vraiment très sympa !! =)
Quelques photos de la fin du BRM 300... mené avec la famille des organisateurs, Laurent, Jean-Claude, Nicole, Clarisse, et mon collègue de club Jean-Charles Un groupe vraiment très sympa !! =)

Quelques photos de la fin du BRM 300... mené avec la famille des organisateurs, Laurent, Jean-Claude, Nicole, Clarisse, et mon collègue de club Jean-Charles Un groupe vraiment très sympa !! =)

-----------------   B.R.M. 400  ---------------

Circuit du BRM 400, le 3 mai, on tourne autour du Mans et d'Alençon...

Circuit du BRM 400, le 3 mai, on tourne autour du Mans et d'Alençon...

LE 400, le 3 mai :

Le BRM 400, une toute autre histoire...

Rien qu'avant l'épreuve, j'avais un peu peur : un parcours très difficile, vallonné, à travers les Alpes Mancelles et le Perche, identique à 8 ans auparavant où j'avais connu des coups de barre en vélo droit... Alors en vélo couché, avec ces bosses... Je craignais...

Et une météo qui s'annonçait mauvaise au fur et à mesure des jours, sauf pour l'après-midi où des rayons de soleil étaient envisagés, ouf...

J'ai dû "mettre à jour" et faire un sérieux entretien de mes freins car sous la pluie, c'est toujours très très mou voire dangereux, même quand c'est bien réglé, alors quand ça l'est mal, autant freiner avec les pieds =). Et sur les parcours vallonnés, sous la pluie, le risque de glissade, de virages en "tout droit" est assez élevé : autant minimiser les risques et se montrer prudent.

J'ai fini mes réglages à 20h00 la veille et le temps de préparer les vêtements, les bidons, la nourriture (2 sandwiches, des fruits et quelques produits de "diététique de l'effort"), je me suis couché à 23h pour un réveil à 1h45 du matin... je ne peux pas dire que j'ai bien dormi, au contraire et j'étais un peu nerveux et stressé.

Mais bon, j'ai pris un chocolat chaud histoire de réveiller et réchauffer l'organisme puis j'ai mis les dernières affaires dans le coffre de la voiture et j'ai pris la route pour Angers. Arrivé là-bas, une trentaine de courageux allaient prendre le départ, je retrouve Hervé en vélo couché également et quelques autres connaissances VD des autres brevets.

Départ d'Angers, à 4h00, et la pluie était déjà au rendez-vous, mais pas très forte... Par contre, du vent, oui !

Départ d'Angers, à 4h00, et la pluie était déjà au rendez-vous, mais pas très forte... Par contre, du vent, oui !

Départ à 4h00 pétantes, un autre itinéraire est pris dans Angers à cause d'inondations sur certaines routes. Je suis bien content de pouvoir rester derrière le petit paquet à papoter avec Hervé et de suivre les indications routières des organisateurs. A l'occasion de routes plus faciles, Hervé et moi partons un peu devant pour rouler plus vite, on est toujours un peu foufous au début (pour moi en tous cas, Hervé, lui, a de la réserve et une plus grande expérience encore).

Le premier contrôle est au kilomètre 91, à Evron. Les conditions sont relativement faciles pour le moment : du vent de dos, déjà assez fort, une température assez douce, aux alentours de 12-13°C, mais de la pluie surtout, soit en mouillasse, soit en plus gros grains. c'était annoncé, pas de surprise, les vestes imperméables sont de rigueur pour tout le monde ou presque. Ça n'est pas agréable du tout mais on supporte pour le moment.

Moi j'ai les jambières, mais certains coureurs sont en cuissard court, mollets et cuisses huilés apparemment.

La nuit commence à s'éclaircir un peu sous les coups de 6h même si c'est très gris. Certaines portions très roulantes nous font jouer un peu à rouler à 40km/h par moments, histoire de faire des arrêts pipi et revenir dans le "peloton"... Puis les premières côtes sont arrivées avant Evron, et j'ai laissé Hervé partir avec des plus rapides : je n'ai pas lutté et j'ai cherché à m'économiser surtout.

N'empêche, j'étais un peu trop lent pour suivre les plus rapides et un peu trop rapide pour les plus lents, donc, je me suis vite retrouvé tout seul, à rouler à mon rythme : j'ai donc eu le temps de trouver un endroit pour une pause technique en arrivant à Evron et de rejoindre le dernier groupe avant qu'il reparte du point de contrôle, une boulangerie ouverte dans les rues désertes... Et j'avais reçu un SMS de Sébastien (alias mon "zénith caché", cf. le forum du vélo couché), parti devant sur le parcours du brevet, à 10-15 km devant. Je lui passe un coup de fil avant d'attaquer la côte du Mont Rochard dans les nuages bas : une bonne demi-heure d'avance pour lui, même en roulant "tranquillou", il est plus rapide que moi, surtout dans les bosses : ça va être dur de se retrouver sur la route vu son niveau de forme actuel et le mien, mais sait-on jamais...

Les groupes explosent au cours de la montée, je reste avec le groupe "Chabirand" mais le rythme en côte n'est vraiment pas assez rapide et je sens bien qu'à la moindre descente, je vais prendre la poudre d'escampette et au final rouler tout seul... C'est ce qui va se passer avant Villaines-la-Juhel : de longs faux-plats descendants où je prends de l'avance pour entamer les côtes suivantes et je ne relâcherai pas mes efforts ensuite...

Après le premier contrôle d'Evron, au bout de 91km, on attaque les Alpes Mancelles et on grimpe au-dessus des 350m-400m d'altitude, dans les nuages bas... C'est très humide !! Ici avant Villaines la Juhel...
Après le premier contrôle d'Evron, au bout de 91km, on attaque les Alpes Mancelles et on grimpe au-dessus des 350m-400m d'altitude, dans les nuages bas... C'est très humide !! Ici avant Villaines la Juhel...
Après le premier contrôle d'Evron, au bout de 91km, on attaque les Alpes Mancelles et on grimpe au-dessus des 350m-400m d'altitude, dans les nuages bas... C'est très humide !! Ici avant Villaines la Juhel...

Après le premier contrôle d'Evron, au bout de 91km, on attaque les Alpes Mancelles et on grimpe au-dessus des 350m-400m d'altitude, dans les nuages bas... C'est très humide !! Ici avant Villaines la Juhel...

Pluie, vent de travers côté gauche, côtes et solitude avec par moments un trio de cyclistes en point de mire mais le terrain vallonné ne me permettra jamais de les rattraper. Je reprends de l'altitude dans la forêt de Pail par la route dite de "la Corniche de Pail" avant d'arriver à Pré-en-Pail, dans le département de l'Orne : la route m'a paru longue, mais longue : je n'avançais qu'à 11-12 km/h dans la côte et le vent latéral un peu dangereux ne me permettait pas de rouler très vite dans les descentes non plus...

C'est ensuite une petite route de campagne qui mène à Lignières-Orgères, le 2ème point de contrôle (Km 144) : comme il y a 8 ans, il y a un tout petit commerce ouvert dans un coin à un carrefour : un de ces petits endroits tenu par des gens qui font garder le lien social dans des petits bourgs de campagne désertée, ouvert presque tous les jours... Des cyclos sont à prendre leur café, prennent une pause. La pluie a redoublé : je ne traîne vraiment pas, juste le temps de faire tamponner mon carnet de route, tout dégoulinant de pluie dans l'échoppe - mais je ne prends pas de café, je laisse juste 1 Euro pour le "tamponnage" et remercier de l'ouverture du commerce de la petite dame... Je réussirai peut-être à réduire l'écart sur Sébastien même si je sais qu'il a dû prendre de l'avance dans les côtes... On communique par SMS interposés : toujours 10-15 km d'écart...

Prochain contrôle à Sées, dans 32 km. Direction Carrouges maintenant, où je perds du temps à chercher une rue alors que je n'avais qu'à filer bêtement - un cycliste viendra d'ailleurs me faire la causette (j'ai pas le temps bon sang !!!)... En attendant, toujours des longues côtes dans la forêt d'Ecouves sur une Nationale assez peu fréquentée mais rectiligne : route au revêtement granuleux à peu près agréable. L'altitude monte au-dessus des 400m à mon compteur, ce sera les maxi de la journée. La pluie continue mais semble diminuer un peu. Et le ciel présente quelques coins plus clairs, je conserve mes verres de lunettes clairs. Un petit espoir de mettre les lunettes de soleil à un moment donné ? La forêt s'atténue et laisse place à des plus grands champs et la route descend maintenant globalement : l'altitude diminue et Sées arrive vite : on passe de 400 à 200m d'altitude et c'est pas trop tôt : un groupe de cyclos que j'apercevais 500m derrière moi au hasard d'une pause pipi dans une côte s'est effacé à la faveur des descentes : je leur ai repris du temps avant Sées : seul mais pas très loin d'autres grupetti du brevet.

Dans Sées (Km 176), pas de fioritures non plus, je suis le Road Book et je fais tamponner mon carnet de route vers 11h dans un bureau de tabac où m'attend le joli sourire d'une grande liane blonde. J'avoue être dans un état pitoyable avec un air renfrogné (et un peu la tête dans le cul), qui ne me rend pas très causant. Son mari m'indique le bon chemin et me fait gagner du temps. Je ne traîne encore pas mais il faudra que je fasse le plein de mes bidons... En sortant de Sées, ce sont des grandes "plaines" avec de grands champs cultivés, beaucoup de colza amènent un peu de couleur joyeuse au triste temps...

Et par miracle, par l'intermédiaire de quelques longs points de vue, j'aperçois Hervé (sans doute) à un bon 500m devant. Je n'ai pas son numéro de téléphone, c'est dommage, on pourrait rouler ensemble... Et je n'ai pas la force de chasser derrière lui... Et il faudra que je m'arrête remplir mes bidons absolument... Trop de "et", trop de conditions qui font que je sais bien que je ne reviendrai pas sur lui, à moins encore qu'il se trompe de route ou qu'il s'arrête plus longtemps que moi au prochain contrôle, à Bellême, dans 43 km...

J'ai beau ne pas traîner, les côtes ne s'enfilent pas à plus de 11-12 km/h, l'impression d'être dans un faux-rythme : je m'économise mais je m'encrasse. J'ai essayé de trouver de l'eau dans un bled, près d'une église à Essay, mais mauvaise pioche... Et je dois résoudre un problème de patin de frein qui me fait démonter la roue avant, fait me dégueulasser les mains et je dois manger mon sandwich quand même : Raah, l'hygiène désastreuse...

Petite pause photo sur le paysage vallonné

Petite pause photo sur le paysage vallonné

Bon, je repars... J'ai quelques nouvelles de Seb, mais toujours au même écart devant moi... Il est arrêté à Bellême, au PMU... Je suis encore à 15 km...

J'arrive à Bellême après une énième dure côte. Il y a un vide-grenier à l'entrée et je cherche ensuite le PMU en suivant l'itinéraire du Road-Book : trouvé ! Hervé n'est pas là. En interrogeant le cafetier et les piliers de bar présents, il a dû passer devant et est allé pointer plus loin... Je ne traîne encore pas, mais en profite pour prendre un panaché, faire remplir mes bidons et me laver les mains. Le groupe qui me suivait à quelques minutes arrive et s'arrête également : ils sont 6 ou 7 à rouler ensemble : je pense qu'ils roulent plus vite que moi tout seul mais s'arrêtent plus longtemps : au final, on arrivera sans doute plus ou moins en même temps. Je repars et laisse un message à Sébastien... Prochain contrôle à Vibraye, dans 41 km, et le vent est de plus en plus défavorable : il souffle fort et de travers. Il tombe quelques petites gouttes par le passage de gros nuages noirs mais globalement, le temps s'améliore. Direction la Ferté-Bernard où je vais enfin pouvoir dégoupiller les lunettes de soleil et enlever mes couvre-chaussures...

A Lamnay, juste avant Vibraye, petit message de Seb, il est en pause au cimetière de Vibraye, il attend et fait sécher au mieux ses vêtements mouillés, 7 km plus loin. Je lui réponds et ne traîne pas : on va enfin pouvoir se retrouver ! Je chope une petite averse juste avant Vibraye et j'arrive enfin au KM 260, je pointe dans la boulangerie qu'il m'a indiqué et je le rejoins... Retrouvailles !! Il est en train de manger quelques victuailles... Cimetière "Deluxe" avec des toilettes... Je remplis mes bidons à un robinet "eau non potable", tant pis. J'ôte mes jambières et mon imperméable. Il ne fait pas froid : pas loin de 18-19°C... Seb a vu Hervé passer mais sans pouvoir lui crier de s'arrêter, juste 5 minutes avant moi, zut : on aurait pu rouler à 3...

Et avant de repartir, le groupe de cyclos arrive juste et font une pause pipi 100m après... Il est près de 16h. Oh la la, on arrivera pas de bonne heure à Angers.

Nous on repart. Direction Le Lude, prochain contrôle dans 74 km. Là on a le vent en pleine poire, toujours assez fort, mais sous le soleil. Le temps paraît moins long à 2, surtout qu'on passe notre temps à discuter. Seb a quelques douleurs, tout comme moi. La forme est moyenne mais lui roule tranquillou dans les bosses alors que je suis presque au taquet... Il m'attend. Il n'a pas ses lunettes de soleil donc il prend sa casquette quand on ne roule pas trop : il passe son temps à la mettre et à l'enlever au gré des montées et des descentes. Vient son problème de dérailleur avant, électrique : ça ne marche plus, d'un seul coup, coincé sur le grand plateau ! Après examens, il finit par trouver que la connexion du fil électrique sur le dérailleur était mal enfoncée... Ouf !!! Y'a toujours un truc qui merdouille sur son vélo =) Pas un brevet ensemble où il n'y a pas une déconnade sur le matériel =).

Bon, c'est reparti, pauses pipi et on retrouve de temps à autres les autres cyclos, mais ils sont plus malmenés que nous par vent de face : leur groupe s'est aussi disloqué quand on les revoit : plus que 4...

Petit "selfi" lors d'un arrêt pipi : soleil au rendez-vous et vent de face : je ne suis pas en très bon état...

Petit "selfi" lors d'un arrêt pipi : soleil au rendez-vous et vent de face : je ne suis pas en très bon état...

Les kilomètres sont tout de même longs : je me pose vraiment la question de poursuivre ces brevets tellement je le trouve difficile celui-ci... Habitué pourtant à ces questionnements, j'ai du mal à trouver la motivation ou l'envie de faire tous ces kilomètres, malgré l'expérience... Qu'est-ce que j'en retire ? Quel plaisir j'ai à faire ça ? Pourquoi tout simplement ? On se retrouve, même en groupe, même en bonne compagnie, à des stades où l'esprit cherche des réponses, où on est seul face à soi-même, où on lutte contre ou avec son corps, ou on le supporte, ou on l'aide : dissociation du corps et de l'esprit pour faire qu'ils avancent à deux, qu'ils s'aident l'un l'autre : que l'esprit doit combler les douleurs par des diversions psychologiques : le bavardage, la contemplation du paysage, par le fait de trouver des choses belles et simples qui suffisent à apprécier ce qu'on vit à l'instant T... La présence de Sébastien est importante pour moi, presque salvatrice. je passerais certainement un bien plus mauvais moment sans lui...

Le Lude arrive enfin, Km 334, 3 grosses heures après Vibraye... Il est environ 19h30... 4 ou 5 cyclos sont à prendre un café ou un verre dans une auberge de l'entrée de la commune. On a aperçu leur vélo sur le bord de la route, ce qui nous a fait arrêter nous aussi. Mais nous, on se contente de faire tamponner les carnets, pas de consommations pour nous. On refait juste les pleins des bidons et de poudre énergétique. Il reste 66 km, c'est rien et tellement beaucoup à la fois...

Direction Baugé, Corné... Le soleil décline dans le ciel et la température commence à diminuer à l'ombre de petits bois. Les routes sont tranquilles... On suit les indications GPS du téléphone de Seb. Baugé, jolie bourgade d'Anjou est traversé...

Repause pipi... Et quelle surprise de voir poindre derrière nous Hervé sur son vélo couché !!! Il s'arrête à notre hauteur et je lui lance :

"- Ben qu'est-ce qui t'est arrivé ???

- Et vous ? Pour moi, erreur de parcours, je me suis trompé de route, j'ai fait presque 30km de trop, 15 km aller et retour..."

Contents de le retrouver !! On arbore tous les 3 nos maillots rouge et noir de l'AFV (Association Française de Vélo couché), ce qui fait dire à un cyclo qui arrive juste derrière : "vous faites partie d'un club ?"

Et d'autres cyclos, ceux qui étaient arrêtés au Lude nous dépassent avant de s'arrêter aussi faire pipi alors qu'on repart... Sympa de rouler tous les 3 : j'ai rebranché mes phares et remis mon imperméable pour ne pas avoir froid : ils m'en font baver parce qu'ils roulent plus vite que moi, alors je suis derrière à m'accrocher : Hervé est costaud, comme son palmarès sur les Paris-Brest-Paris le prouve et malgré ses 30 km de rab, Seb est égal à lui-même et moi, j'en bave mais je colle aux roues ou pas très loin.

Les 4 cyclos ne tardent pas à nous rattraper, parmi eux un des cyclos d'Anjou, qui connaît bien la fin du circuit. Et ils emmanchent les salauds !! J'étais déjà à en baver avec hervé et Seb, il a fallu que je me décrasse les cuisses sur ce coup-ci parce qu'on roule aux alentours de 30 km/h sur cette fin de parcours, Angers pointe à 20 km encore et la nuit tombe et on roule à fond...

La route est plus plate heureusement : Sarrigné, Le Plessis-Grammoire, ce sont les communes de l'agglomération d'Angers : on approche... et je me mets devant le groupe pour éclairer la route mieux que leurs petits phares à pile le font. J'essaie de rouler vite, mais je dois bien admettre que j'use mes dernières cartouches : la vitesse baisse à mesure des quelques ronds-points au bout desquels je n'arrive plus à relancer. A l'entrée d'Angers, les 4 vélos droits prennent un autre itinéraire et nous suivons Sébastien par les grands boulevards de son GPS, on passe devant le château, mais sans prendre le temps de l'admirer de nuit... Enfin, je reconnais l'approche du vélodrome : il ne manque plus que les feux ne passent au vert après des longs temps d'attente pour nous libérer enfin...

22h40 : ça y est, au local du club d'Angers où nous attendent un sandwich aux rillettes-cornichons qu'on n'a jamais trouvé aussi délicieux et salvateur, le brevet est terminé pour Hervé et moi... et pour Seb, c'est encore 91km jusqu'à Evron qui l'attendent : c'est un crève-coeur de le laisser partir tout seul comme ça et j'ai mal pour lui... Mais après les 2 heures de sommeil de la nuit dernière pour moi, j'ai hâte de revoir mon lit : j'ai encore la route en voiture à faire et elle sera dure et dangereuse, à lutter contre le sommeil. Quelques SMS d'encouragement à Seb sur la route et je me suis couché, vers 1h00...

Je serai dans le coltard et avec les jambes très raides le lendemain au travail, Seb sera arrivé à Evron à 3h25 avant d'embaucher à 8h, décalqué lui-aussi...

Un brevet à retenir pour moi : un des plus durs que j'ai pu faire, toutes distances confondues. Mais les compagnies successives, Seb, Hervé, les différents groupes cyclos, les Chabirand, organisateurs du brevet, les paysages traversés de notre campagne française, proches et si différents quelques fois rendent ces épreuves incomparables et inoubliables... L'essentiel sur un vélo : la vie quoi ! =)

En quelques chiffres :

Distance : 403.11km

Durée : 16h45 de roulage

Moyenne : 24.05 km/h

V. Max : 66.67 km/h

Cad. moyenne : 80 tr/min

Dénivelée positive : 3605m au compteur

Alti max : 430m environ (pas étalonné au départ)

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