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Le Bordeaux-Paris commence pour moi 2 jours précédant l’épreuve, le jeudi 24 juin…

Sébastien, dit « le Minotaure, mi-homme, mi-vélo, vient me rejoindre le mercredi soir, en arrivant de Normandie, et passe la nuit chez mes parents.

Arrivé en voiture après mon boulot vers 18h45, Sébastien arrive vers 19h30 avec sa Traction Directe, chargée comme une mule. Grand soleil et il a fait chaud : il a attrapé quelques coups de soleil sur les épaules, malgré sa pâte solaire pour bébé, pas encombrante mais pas très pratique à étaler.

01

Rennes - Nogent Le Roi - Rennes, 15 jours avant le Bordeaux-Paris, avec une petite équipe de vélos couchés

 

Retrouvailles agréables après le Rennes-Nogent-Rennes d’il y a 15 jours.

« Vas prendre une douche !! On ira manger ensuite. » =)

Repas pris avec ma famille et pâtes au repas pour faire des réserves de sucres lents… On parle effectivement beaucoup de longue distance, déjà !! On est complètement immergés dans le sujet… Intarissables. Les vêtements de Sébastien ont eu le temps de sécher sur le fil à linge.

Je fais les derniers préparatifs pour demain, en particulier les cartes de routes pour rejoindre Bordeaux et la question fatidique de savoir si j’embarque des sandales avec moi pour marcher plus agréablement qu’avec mes chaussures de vélo… Ok, je les emmène.

Sébastien jette un regard sur son dérailleur qui semble un peu déconner. Des vitesses passent mal. La chaleur qui aurait détendu un peu le câble peut-être (cf. Seb, pur délire de son esprit court-circuiteux =))… Ouais, ok, c’est peut-être cohérent)

On se couche aux environs de 23h et départ prévu le lendemain vers 6h, donc réveil à 5h.

 

 

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Jeudi – L’avant-scène

 

Difficile sommeil avec l’appréhension du Bordeaux-Paris et de toute la distance que nous aurons à parcourir avant et après l’épreuve… Je ne suis qu’à moitié tranquille. Mais la bonne humeur de Seb est communicative et on forme plutôt une belle paire (quelle belle paire les amis !!)

Après un café très peu fort (désolé, j’ai un peu perdu les proportions depuis un moment =)) ), on finit d’embarquer les dernières choses sur les vélos : un peu de bouffe, les gourdes, les derniers vêtements… Il faudra qu’on s’arrête par les chemins pour acheter quelques fruits et des piles pour le GPS de Seb qui l’ont lâché hier soir quelques temps après son arrivée.

Bon départ finalement vers 6h20, un peu en retard. Mon parcours est prévu aux alentours de 280km aujourd’hui. On allume les feux, mais c’est juste pour se signaler car on distingue très bien la route à cette heure-ci. 12-13°C au thermomètre… Il fait doux.

02

Passage au bord de la Sèvre Nantaise qui marque une bonne fraîcheur et quelques brumes. Au bout de 5 km, nous entrons en Vendée et le relief est encore un peu torturé, quelques côtes pas trop méchantes mais un brin casse-pattes. Déjà, des automobilistes nous offrent des visages divers : sourires d’un côté et klaxon agressif de l’autre. Même à 2 de front, on est pas tellement gênant sur ces routes suffisamment larges et peu fréquentées encore !! Impulsif que je suis, j’ai déjà commencé à sortir le doigt d’honneur, honte à moi. On contourne Pouzauges et ses trop grosses côtes pour prendre la direction de Fontenay-le-Comte…

« Non, la Vendée, ce n’est pas plat partout !! »

Contournement de Fontenay-le-Comte et je me suis planté un peu de route à cause d’une déviation… Pas trop grave.

Enfin on arrive dans la plaine du Marais Poitevin. On ressent par moments le vent de côté quand on oblique vers l’Est, mais il est très globalement favorable à descendre vers Bordeaux.

Passage par Maillezais avec une très belle vieille abbaye puis pause café et ravitaillement à Courçon vers les 10h30. Achat de quelques fruits, bananes et pommes pour moi et des piles en suppléments pour Seb. Son compteur ne marche pas bien non plus… Une C2032 en plus alors…

Sébastien s’empare d’une bouteille de pinard… Du gros rouge qui pique… « Non, pas tout de suite Seb !! »… Difficile de freiner son penchant pour l’alcool… C’est triste.

03Pause à Courçon - Seb lit le journal


La tenancière du bar, ensuite, est peu accueillante, elle cache certainement très profondément une très grosse chaleur humaine mais on ne la resent pas vraiment… Elle ne m’a souri que quand j’ai payé les cafés, je crois. Le postier du village pose son vélo à côté des nôtres et, regardant nos montures, me lance :

« Ca doit pas être facile de rouler avec ça ? »

« Non, c’est vrai, on tombe à chaque fois qu’on s’arrête ! »

Et il me montre la moto garée juste à côté : « ça, ça doit mieux marcher… »

Ouais, c’est sûr…

Seb a ramené un exemplaire de l’Equipe où ils parlent d’Armstrong… « Qui aura sa peau ? » Je me demande bien quand est-ce qu’il aura fini de parasiter le cyclisme avec ses méthodes de voyou, cet espèce de drogué !!... Bref, ce n’est pas la même planète que nous.

Des cyclos passent en nombre ce matin. Pas de bonjour particulier. Pourtant, ils ne peuvent pas nous manquer.

La température commence sérieusement à grimper. J’enlève quelques couches et commence à mettre de ma crème solaire, que je prête également bien volontiers à mon camarade en TD. Pas de pudeur particulière à se mettre à moitié à poil à la terrasse de ce bar… =))

Et on repart tranquillement, toujours dans la plaine et en direction de Surgères.

On emprunte une départementale assez fréquentée. Seb a sa casquette vissée sur la tête, mais sa capacité à rester scotchée à son scalp a quelques limites et quand vient le moment de croiser un camion lancé pleine balle, il a fallu choisir entre tenir le guidon de la TD et la casquette… S’ensuivit donc une escapade fulgurante de ladite casquette… Petite pause pour la récupérer… « Petite fugueuse, va !! ».

Sur le chemin, nous parlons autant que possible l’un à côté de l’autre, quand la route se fait moins fréquentée. Nous avançons à un train régulier, entre 25 et 30km/h sur les portions planes, sans trop forcer. Nous avons à peu près le même rythme tous les deux.

Nous sommes entrés en Charente depuis un bon moment maintenant. Surgères passe, Tonnay-Boutonne ensuite, vent de dos… St Savinien puis Saintes où on décide de faire une pause déjeuner.

Moment privilégié où on aime se faire remarquer en ne parlant pas très discrètement : on pose nos destriers le long d’un arbre, près d’un petit snack-restaurant assez mignon. Encore une fois, la chance nous sourit puisque nous arrivons en même temps qu’une ravissante jeune demoiselle : blondinette  à la silhouette agréable, avec un petit tatouage dans le cou, faisant semblant de nous ignorer royalement…

Je dis à Seb, sur un ton de gros lourd macho : « T’en fais pas, je m’y connais en gonzesses… Elle fait complètement semblant de nous ignorer, alors qu’en fait, elle attend qu’on l’aborde… » Morts de rire… En réalité, elle n’en avait vraiment rien à foutre de nous !!! =))). Par contre, on a toujours le don, peut-être encore plus moi, d’attirer des gros lourds… L’année dernière c’était un alcoolo à Carhaix dans un bar à 1h du mat’ pendant le Rennes-Brest-Rennes et cette fois, c’est un monsieur, à pied avec son cabas qui est venu nous tenir le crachoir… Il a d’abord regardé un peu nos vélos et ensuite, grâce à l’œil fulgurant et sa vivacité d’esprit, il a fait le rapprochement avec nous, attablés à quelques mètres, les seuls habillés en tenue de sport…. On n’a pas de chance quand même. Cet homme, la cinquantaine grisonnante, pas bien méchant nous a posé quelques questions sur notre destination, nos kilométrages, puis a eu une capacité à rebondir de lui-même sur des sujets le concernant de manière étonnante… Je crois qu’au bout d’un quart d’heure, mon plat de pâtes et mon dessert terminés, je savais à peu près tout de sa vie, de son métier de maçon-tailleur de pierre, de son arthrite du genou, de ses problèmes de santé, de sa femme qui l’attendait pour manger, de son quartier assez agité… Devant notre absence de réactions… il a fini par capituler, nous a serré la main et nous a laissés finir de manger… Oufff… La prochaine fois, on laisse les vélos à 2 kilomètres…

Je crois bien qu’on a 160 kilomètres au compteur désormais et il nous faut quitter Saintes et notre charmante demoiselle, toujours attablée et désespérément seule, sans doute en quête du prince charmant… Argh, si tu savais… Je suis là belle enfant !! Certes, j’ai un vélo bizarre et un bronzage ridicule, mais flûte quoi !! =))

Nous prenons la direction de Gémozac, avec la carte et le GPS… Et c’est un peu la bataille de la technologie qui commence : cartes routières ou GPS ? =)) Le GPS semble indiquer un itinéraire plus court mais partant vers l’estuaire de la Gironde. On continue à suivre mon chemin cependant.

Jonzac, Montendre, quel cagnard !! Plus de 30°C !! Ca chauffe !! Crème solaire, casquette et eau fraîche si possible. On fait des petites pauses assez fréquentes… Trop ? Les pieds chauffent et on a besoin de marcher un peu de temps en temps. Et mes tendinites se rappellent à mon mauvais souvenir.

Ensuite, on bénéficie d’un peu d’ombre entre Montendre et St Savin.

Il commence à se faire tard et Sébastien appelle l’hôtel pour savoir jusqu’à quelle heure on peut rentrer puisqu’on a fait que des réservations mais sans confirmation de chambre. Il ne faudra pas arriver après 21h, sinon on pourra dormir dehors =)).

04

Passage de la Gironde

 

Après quelques erreurs de route, en suivant les panneaux qui nous emmènent sur une voie express, on rebrousse chemin et on suit finalement le GPS de manière aveugle pour rejoindre St André de Cubzac.

On franchit enfin la Gironde et une dizaine de kilomètres nous sépare désormais de Lormont où on doit dormir. GPS impeccable. Traversées d’Ambarès, de Carbon Blanc avant d’arriver à l’hôtel vers 20h30. Paiement de la chambre auprès de la jeune gérante à l’accent bordelais assez discret…

Je commençais à en avoir plein les bottes. Vivement une douche ! Un peu de lessive pour nettoyer nos fringues.

On commande des pizzas qu’on se fait livrer. Très bonnes.

On commence à scruter nos adversaires de samedi, pour certains venus dormir dans le même hôtel. Des coureurs assistés… Des 4X4 immatriculés en 38, des camionnettes…

Allez, 23h, on va peut-être se coucher. Satisfaits d’être arrivés à bon port. 286km à un peu plus de 25km/h de moyenne roulante. Demain vendredi, c’est repos...

 

 

 

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Vendredi – Journée glandouille…

 

Réveil « biologique » : le soleil donne sur notre mur de chambre. Il fait plus chaud au niveau de mon petit lit que celui de Sébastien à cause de la climatisation mal répartie…

Le soleil est aveuglant. J’ouvre la porte de chambre et c’est comme si on m’avait assommé avec des flashs d’appareil photo. Laissez-nous tranquilles, les paparazzi !! On a droit à une vie privée aussi… Et je referme la porte… « La vache !! » Et ça cogne déjà : il fait bien chaud.

Le temps de s’habiller, on regagne la salle du petit déjeuner… Les paparazzi sont partis.

Et là, je m’en fous plein la panse, d’autant que c’est à volonté !! On remarque déjà quelques personnes qui vont rouler demain : un jeune accompagné de 2 minettes. Plus tard on verra que c’est son père qui briquait son vélo à côté du 4x4 immatriculé 38…

Après, c’est un autre jeune, ami du premier, accompagné de ses parents qui mange à côté de nous.

Sébastien commence à les taquiner sur les assistances et le fait que, nous, nous sommes venus en vélo… De manière tout à fait polie, mais avec l’envie manifeste de leur dire que c’est un peu trop facile (même si ça ne l’est pas tant que ça) de rouler avec une assistance tout le long du trajet, Seb leur faisait part de sa désapprobation des voitures suiveuses… Je rigolais intérieurement =)). Notre point de vue est exprimé, une façon de dire : « T’as une assistance, OK… Nous on n’aime pas ça mais après tu fais ce que tu veux… » Je crois que Sébastien a réussi à faire ressentir un peu de culpabilité au petit jeune =))).

Bon, une fois bien ravigotés, nous nous sommes préparés pour aller visiter Bordeaux. On avait toute la journée pour ça. On avait juste à attendre le soir pour manger avec Jean-Lou et Dominique (« …eil ») qui devaient arriver de Paris.

Traversée de la Garonne pour rejoindre le centre-ville de Bordeaux… L’office de tourisme pour prendre un plan de la ville… Toujours avec le besoin de se faire remarquer, surtout auprès des jeunes femmes bordelaises. Nos sonnettes ont fonctionné à plein régime !!

Hein que t’as bien fait d’en acheter une Seb !! En plus c’était sympa cet achat dans ce magasin de vélos atypiques… Le gérant était super sympa, une connaissance du père de Malric, notre Président de l’AFB (association française des bentriders)… Le monde est petit. On a discuté technique, guidon titane, accessoires multiples… Super intéressant, super ouvert.

 

Plan de la ville en main, Seb me guide à travers les rues de Bordeaux.

On s’arrête déjeuner dans un petit resto dans une petite rue parallèle aux grands boulevards... La déco « monde de la petite école » est très sympa.

Nos yeux se baladent au gré du passage des gens dans la rue… Soyons honnêtes : « au gré du passage des jeunes femmes »… Rah, les mecs !! J’ai l’impression désagréable par moments qu’on vient juste de sortir de prison ou d’être des marins arrivant au port… (35 jours sans voir la terre, pull rayé, mal rasé, on vient de débarquer-er-er…) =))… On rigole…

 

Bonne digestion, on reprend la visite pour se diriger vers un parc et faire une sieste. Le parc est immense et comporte un long ruban, de bitume assez large qui fait la périphérie du parc… Ce serait sympa comme circuit pour faire une compet’ de vélos couchés.

2-3 heures passent et on décide de se diriger vers Tresses, le lieu de départ de demain, pour récupérer nos plaques de cadre…

Chose faite vers 17-18h puis on file à la superette acheter quelques victuailles pour le lendemain. Jean-Lou et Dominique sont arrivés par le train et nous attendent à la maison de la promotion sociale ou un truc comme ça. Seb sait où c’est… Même endroit pour lui qu’il y a 2 ans.

05

Je salue Jean-lou que je suis content de revoir, et fais donc la connaissance de Dominique (« …eil ») que je ne connaissais que par le forum… il possède le cousin de mon Fujin, mais en version plus légère, noir mat, fourche et siège carbone… On file ensuite en vélo jusqu’à un resto. Nous ne sommes que 4 à y manger cette année… Baisse de la fréquentation des vélos couchés par rapport à 2006. La serveuse est très surprise de me voir déambuler dans le resto comme si j’étais chez moi : en chaussettes (j’avais ôté mes chaussures de vélo, pas pratiques pour marcher) et avec mon cuissard très court, on a l’impression que je me balade en slip… =))

 

Jean-Lou cherche à nous inciter à participer avec lui à la catégorie des 28h qui part à 14h le lendemain avec force arguments recevables (mais surtout pour qu’il ne soit pas tout seul =)) ). Rien à faire, Seb, Dominique et moi ne cédons pas à la tentation de faire la grasse matinée… Nous partirons à 6h !!

Nous blaguons avec une serveuse, noire, grande, mince comme une liane… Tigresse africaine… Grrr… à qui j’arrive à faire dire qu’elle est un peu dominatrice =)). Elle est marrante !!...

Bref, buffet à volonté, coquelet, et dessert finalement pas terrible. Pour une fois, on ne traîne pas… A la sortie du resto, on se fait alpaguer par quelques gars qui feront la course le lendemain (en VD)… On leur fait part encore une fois de notre non-assistance et du trajet qu’on a fait avant l’épreuve et qu’on fera après aussi… Quels branleurs on fait !! =)

On se sépare de Jean-Lou et Dominique puis on file vers notre hôtel.

Couchés vers 23h après les derniers préparatifs et des discussions avec quelques autres colocataires cyclistes de l’hôtel.

Il fait encore très chaud… Difficile de trouver le sommeil !! Réveil programmé demain samedi à 04h50…

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